Certes, l’Ardenne a offert à mes premiers regards des paysages vastes, ondulant à peine : forêts immenses, prairies, fagnes humides, comme une grande mer calme – et de fait, l’Ardenne se déploie sur les hauts-fonds de mers immémoriales.
Mais à parcourir ses paysages, j’ai vu que cette "mer" a ses creux, profonds : des rivières, patiemment, ont usé les roches, engendrant des reliefs imposants même s’ils ne se mesurent qu’en une ou deux centaines de mètres.
Mais aussi, cette Ardenne qui m’évoquait une mer a plutôt des airs d’île : sur ses marges, au nord-ouest, au sud, de douces plaines mêlées de modestes reliefs approchent les hauts plateaux comme de petites vagues.